NO FORMAT: Un Label Ami

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Part 1

 

Dans la vie d’un ingénieur du son il y a des rencontres essentielles.

Le label No Format créé par Laurent Bizot est une de ces rencontres. Majeure.

Je fais ce métier avant tout parce que j’aime la Musique.

Laurent lui aussi aime la Musique, la vraie Musique. Celle jouée, créé, inventée par de vrais artistes. Et les vrais artistes, il sait les reconnaître, aller à leur rencontre et les accueillir dans son label. Il leur offre ainsi la chance de rejoindre cette grande famille composée de musiciens venus du monde entier, tous différents mais dont le lien profond repose sur une idée vraie de ce qu’est « l’Art de faire de la Musique ».

Enregistrer de tels artistes nécessite un mélange assez subtil de modestie et d’expérience.

Il ne s agit pas d’inventer « un monde sonore à la pointe des tendances », mais de recueillir l’Art de chacun avec peut être une certaine discrétion.

Trouver l’endroit idéal ou ces messieurs et dames poseront leur bagage et seront libres de jouer un peu « comme à la maison ».

Poser les micros sans déranger, éviter les casques et les séparations derrière des panneaux acoustiques.

Créer un cercle de musique où, finalement, tout devient simple.

Sur l’album de Kasse Mady Diabate « Kirike », grâce aussi à Vincent Ségal qui a réalisé le disque et joué avec les musiciens, la confiance est établie.

Le balafoniste adapte son jeu à la fragilité naturelle de la kora. Chacun tends l’oreille et la musique prends forme sans qu’il soit question de la recréer au mixage.

Sur le disque du duo Vincent Segal / Piers Faccini « Songs of time lost », chaque jour enregistré dans un lieu différent, Piers et Vincent sont tout proches. Les procédés techniques sont simples et doivent être mis en place rapidement. Mon Nagra 6 et d’excellents micros. A moi de me débrouiller pour que dès la première prise le son soit là.

Pratiquer ce que j’appelle « L’Art du Micro » est en général une affaire courante pour les ingénieurs son en musique classique.

Avec No Format, malgré le fait que la musique produite soit plus proche de la tradition orale qu’écrite sur de longues partitions, il s’agit un peu de la même approche.

J’ai récemment mixé la suite du disque « Chamber Music », enregistré sur le toit de la maison de Ballake Sissoko à Bamako.

Les bruits de la ville, la sirène de la police, le bêlement d’un mouton égaré….la vie réelle forme un écrin aux fragiles instruments.

Je vous raconte tout cela en partie 2 de cet article : « comment mixer l’air de rien toutes ces évidences ? »