A propos de ce grand pianiste plutôt différent: Yonathan Avishai

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EXTRAIT

Le pianiste Yonathan Avishai dans une « Parade » musicale aux sources du jazz

CULTUREBOX : Les amateurs de jazz l’ont repéré auprès du trompettiste Avishai Cohen ou d’Omer Avital. Le pianiste franco-israélien Yonathan Avishai s’est lancé dans son propre projet musical, le trio Modern Times. Après un excellent premier album, le trio s’est mué en quintet pour porter un deuxième opus réjouissant, « The Parade », suite de pérégrinations entre la Nouvelle-Orléans, l’Afrique et Cuba. Rencontre.

Sorti le 18 novembre 2016 sur le label participatif Jazz&People de Vincent Bessières, qui suit le trio depuis ses débuts, « The Parade » pousuit sur la lancée de « Modern Times ». Le jeu subtil de Yonathan Avishai s’épanouit dans une fresque musicale lumineuse, évocation des fêtes populaires de la Nouvelle-Orléans, de la Caraïbe, de Cuba ou d’Afrique, au swing infaillible mais non dénuée d’instants de mélancolie. Le trio que le pianiste a formé avec le batteur Donald Kontomanou et le contrebassiste Yoni Zelnik a invité deux nouveaux protagonistes, le percussionniste cubain Inor Sotolongo et le saxophoniste et clarinettiste César Poirier.

Comment s’est formé votre trio ?

– Le trio est né dans la période où je me rapprochais de Paris, après de nombreuses années passées loin et un peu isolé, artistiquement, de la capitale et d’une certaine scène française. Même si je vivais en France depuis plusieurs années, je ne connaissais pas tellement de musiciens. J’avais entendu parler de Yoni (Zelnik, ndlr). Je l’ai rencontré un peu par hasard. C’est lui qui m’a permis de faire la connaissance d’un certain nombre de musiciens quand je me suis installé en Bourgogne, donc un peu plus près de Paris que je ne l’avais été auparavant. On faisait alors pas mal de sessions avec différents musiciens. J’ai su assez rapidement que j’aimerais travailler avec Yoni. J’ai ensuite rencontré Donald (Kontomanou), ça s’est fait très naturellement. J’ai énormément d’estime pour ces musiciens, pour leur talent, leur engagement et leur disponibilité, exceptionnels à mes yeux.

Nous avons eu la volonté d’enregistrer les deux albums en acoustique, comme pour de la musique de chambre. On est assis les uns à côté des autres, sans séparation ni casque, ce qui est plutôt rare pour de la musique où il y a de la batterie. C’était un choix très important pour avoir une certaine qualité sonore, une certaine perspective, ce que j’appelle du relief. On a travaillé avec un grand ingénieur du son, Philippe Teissier du Cros. C’est un grand Monsieur, je le considère comme un membre du groupe pour ce qui concerne la réalisation. La prise de son sur les disques est remarquable.

jazz&people